Assemblée paysanne des députés LFI-Nupes : une journée pour élaborer ensemble une loi agricole vraiment ambitieuse

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Le 10 avril à l’Assemblée nationale, les députés LFI-NUPES organisaient une « assemblée paysanne » où étaient conviés les agriculteurs que nous avons rencontrés au cours de notre AgriTour avec la visite de près de 200 fermes partout en France. 

J’avais d’ailleurs reçu Aurélie Trouvé et Mathilde Hignet en Aveyron pour visiter deux élevages bovins à Sauveterre et à Colombiès. Nous avions également fait une table ronde à Villefranche de Rouergue avec de nombreux acteurs agricoles aveyronnais. 

Cette journée à l’Assemblée a été l’occasion de rencontres enrichissantes avec par exemple des enfants d’agriculteurs qui ont repris l’exploitation familiale ou des primo-installés dans le cadre d’un projet de reconversion. Tous ont témoigné de leur profond attachement à leur métier et à un modèle paysan rémunérateur, respectueux des sols et nourricier, à rebours des dérives productivistes et agro-industrielles. À la fin de cette journée, nous sommes tous ressortis grandis des témoignages recueillis qui ont permis de préciser de nombreux enjeux. Parmi eux, la facilité d’accès au foncier aujourd’hui très concentré et qui complique les projets de nouvelle installation, mais aussi la gestion de la ressource en eau pour une meilleure répartition, la souveraineté alimentaire par la mise en place d’une sécurité sociale de l’alimentation ou encore la question des inégalités de rémunération dans l’agriculture, notamment pour les femmes. 

Nombre de ces enjeux étaient déjà au cœur des propositions portées par les députes LFI-NUPES depuis plusieurs mois en réponse à la colère agricole.

Malheureusement, la parution du projet de loi d’orientation pour la souveraineté en matière agricole et le renouvellement des générations en agriculture, présenté par le gouvernement le mercredi 3 avril offre un résultat bien loin d’être à la hauteur des défis que doit relever monde paysan. Ce projet de loi sans cesse repoussé et plusieurs fois remanié suite au mouvement des agriculteurs en ce début d’année passe à côté des urgences exprimées. 

Comment garantir un prix rémunérateur aux producteurs ? Comment installer massivement de nombreux agriculteurs ? Comment accompagner les exploitations face au changement climatique ? 

Le Gouvernement ne répond pas à ces questions et ne donne pas d’objectifs clairs, en dépit des réserves émises par le conseil d’État sur la base des travaux préparatoires à ce texte, dans un avis en date du 21 mars.

En conséquence, la présidente de notre groupe Mathilde Panot a écrit le 8 avril dernier à la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, pour l’interpeller sur l’insincérité de l’étude d’impact présentée par le gouvernement sur son projet de loi d’orientation agricole, notamment sur la base des réserves émises par le Conseil d’Etat. Notre action a été utile car la conférence des présidents de l’Assemblée a ensuite saisi le Conseil constitutionnel pour qu’il se prononce sur cette question.

Un autre projet de loi d’orientation agricole est possible. Le groupe LFI-NUPES a ainsi rendu public un document intitulé « Notre vision d’une loi d’orientation agricole : pour des agriculteurs nombreux, qui nous nourrissent, protègent le vivant et vivent dignement de leur travail ».  Ce contre-plan agricole est le fruit d’un long travail entamé il y a plusieurs mois avec l’AgriTour puis un cycle d’une vingtaine d’auditions des représentants du monde agricole à l’Assemblée nationale qui s’est conclu le 10 avril avec notre assemblée paysanne. Je vous invite à retrouver l’intégralité de nos préconisations. Elles nourriront nos propositions et nos amendements lors de l’examen du projet de Loi d’orientation agricole en Commission des Affaires économiques puis dans l’hémicycle. 

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