Le gouvernement, la droite et le RN imposent le retour de l’acétamipride au mépris de la santé et de la mobilisation citoyenne

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Le lundi 20 juillet, l’Assemblée nationale s’est prononcée sur une version définitive du projet de loi d’urgence agricole.

J’ai voté contre ce texte, car il ne me semble pas répondre aux besoins urgents de la profession, qui sont la garantie de prix rémunérateurs, la lutte contre la concurrence déloyale et l’adaptation au changement climatique. Ce texte est aussi dangereux pour la santé humaine et la biodiversité, car il réintroduit la possibilité d’utiliser deux pesticides interdits dans notre pays, l’acétamipride et le flupyradifurone.

De nombreux scientifiques et autorités sanitaires, comme l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) alertent sur les effets toxiques de ces substances. L’EFSA estime que l’acétamipride peut provoquer des cancers. D’autres travaux scientifiques révèlent des effets néfastes pour les enfants de femmes qui auraient été exposées à de l’acétamipride durant leur grossesse. Quant au flupyradifurone, il pose beaucoup de problèmes à cause de sa capacité à polluer durablement les eaux souterraines et à altérer leur qualité.

Ces deux substances sont aussi hautement toxiques pour les pollinisateurs, en premier lieu les abeilles, et menacent leur survie. Ces insectes jouent pourtant un rôle fondamental dans la pollinisation des cultures et dans la préservation de la biodiversité. Je refuse que l’on oppose agriculture et écologie. Sans sols vivants, sans pollinisateurs, sans biodiversité, l’agriculture court un grand danger.

J’estime aussi que lorsque la santé humaine et notre capacité à vivre dans un environnement soutenable sont potentiellement menacés, un principe de précaution devrait s’imposer. C’est ce qui est prévu par notre Constitution et c’est le cas pour ces deux produits. J’estime donc que la responsabilité du politique, c’est d’interdire l’usage de ces produits, et de proposer des mesures de substitution.

Le gouvernement, la droite et l’extrême droite ont choisi l’inverse, en refusant toute mesure alternative et en se défaussant de leurs responsabilités politiques en faisant peser la décision de la réintroduire ces pesticides sur la seule Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

De mon côté, j’ai soutenu des mesures alternatives pour éviter toute distorsion de concurrence et favoriser l’activité des agriculteurs français, comme :

  • l’interdiction d’importer des produits traités avec des pesticides interdits en France
  • la mise en place de prix planchers supérieurs aux coûts de production
  • l’obligation d’approvisionnement 100% d’origine France en restauration collective.

Tous ces éléments votés lors de précédentes lectures ont été retirés du texte final.

Le texte qui a été voté hier est donc très déséquilibré, il ne protège pas les agriculteurs français de la concurrence déloyale à l’échelon européen, il ne répond à aucun enjeu fondamental pour l’agriculture aveyronnaise et française et il réintroduit l’usage de produits dangereux pour la santé.

Des orientations différentes doivent être prises pour enfin répondre à l’urgence agricole de manière cohérente, respecter le vivant, la santé publique et le travail des agriculteurs.

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