J’ai participé le jeudi 31 juillet à une réunion de travail avec le ministre de l’Industrie, la direction de Bosch, en présence des élus du territoire et des représentants des salariés. J’en suis ressorti très inquiet.
Le site Bosch d’Onet-le-Château employait 2 400 salariés en 2005. La productivité et la qualité des pièces produites était largement reconnue par le groupe. Selon les projections données par la direction de Bosch, le site ne devrait compter plus que 350 salariés ETP en 2030 et à l’heure actuelle aucun engagement industriel de Bosch n’est prévu au-delà de cette date. Est-ce que Bosch veut continuer à produire sur ce site au-delà de 2030 ? Nous n’avons pas de réponse claire à cette question.
Autre motif d’inquiétude, lors des accords signés en 2018 puis en 2021 entre la direction de Bosch et les représentants de salariés, le seul engagement contractuel qu’a tenu la direction de Bosch, c’est la facilitation des accords volontaires de départs. Les promesses de diversification de la production n’ont pas été respectées, tel le projet Fresh 2 autour de l’hydrogène, qui a été abandonné.
Il faut tout faire pour éviter que le site de Bosch à Onet-le-Château subisse le même sort que la SAM à Decazeville. Lors de la réunion j’ai rappelé :
- la responsabilité du groupe Bosch vis-à-vis des salariés et du bassin de vie, étant donné les montants des aides publiques versées par l’État français à Bosch, mais aussi les nombreux investissements consentis par les collectivités locales pour faciliter l’activité du site. De plus, la France est le premier pays après l’Allemagne acheteur de produits Bosch, ce qui représente des milliards de chiffre d’affaires pour le groupe.
- la responsabilité du gouvernement vis-à-vis des constructeurs automobiles français qui font le choix de délocaliser les productions et de supprimer les volumes de commandes des sous-traitants et équipementiers basés en France.
Délocalisations après délocalisations, l’industrie automobile a perdu 120 000 emplois nets en France en 15 ans. Elle témoigne de l’échec de la politique d’Emmanuel Macron en France et de l’Union européenne qui refusent de mettre en place des mesures de protection de nos industries. Les Etats-Unis et la Chine protègent leur économie mais le gouvernement français et l’Union européenne se laissent marcher dessus. Plus de 6 500 emplois supplémentaires sont en train d’être supprimés.
Il est urgent de mettre en place une politique industrielle ambitieuse afin de relocaliser la filière automobile. Cela passe notamment par : - le relèvement des protections commerciales aux frontières européennes : rehausser les droits de douanes de l’Union européenne sur les véhicules fabriqués dans un pays tiers, ainsi que sur tous les composants des voitures ;
- conditionner l’ensemble des aides publiques aux constructeurs au maintien des emplois en France et chez les sous-traitants dont ils représentent plus de 30 % du carnet de commande.
Ces choix doivent s’accompagner d’un développement des emplois de production dans les bassins de vie en s’appuyant sur les qualifications ouvrières qui s’y trouvent.


