Après deux semaines de débats et de votes, nous venons d’achever l’examen du projet de loi Urgence agricole.
Ce projet ne répond pas aux problématiques principales pour la souveraineté alimentaire de la France et aux besoins des exploitations familiales que l’on connait en Aveyron. L’urgence devrait être celle du revenu paysan et de la protection de nos productions face à la concurrence déloyale. C’est pourquoi, avec mon groupe, nous avons tout fait pour améliorer tout ce qui pouvait l’être dans ce texte.
Nous avons ainsi fait adopter :
- Des prix planchers
Le prix fixé dans les contrats agricoles ne peut être inférieur aux coûts de production.
C’est un grand pas pour garantir une juste rémunération aux agriculteurs en encadrant les marges des industriels et de la grande distribution.
- Pas de pesticides interdits dans nos assiettes
Nous avons fait voter l’interdiction de l’importation de produits traités avec des pesticides interdits en France
C’est une exigence importante pour la santé et contre la concurrence déloyale qui frappe nos agriculteurs
- 100% français dans nos cantines
La restauration collective publique doit s’approvisionner à 100% en produits français.
C’est un pas de géant pour notre souveraineté alimentaire.
- Mercosur et viande bovine
Nous avons fait voter l’interdiction d’importer de la viande bovine du Brésil non conforme aux normes de l’UE, pour protéger nos éleveurs et notre santé.
Malgré ces avancées importante, l’ensemble du texte final ne place pas au cœur de ses dispositions la question du revenu mais il organise surtout des reculs dangereux :
- Le développement des mégabassines est facilité en supprimant plusieurs exigences environnementales ;
- Les procédures sont facilitées pour développer des fermes usines qui feront concurrence à l’agriculture familiale
- La suppression du dispositif des « tunnels de prix » agricoles, votée par la macronie et la droite avec le soutiendu RN, qui prévoyait une fourchette contractuelle associant un prix plancher et un prix plafond.
J’ai donc voté contre ce texte et je continuerai à me battre contre la mercosurisation de l’agriculture et le nivellement par le bas des normes environnementales, sanitaires et démocratiques. Pour répondre à l’urgence agricole, il faut au contraire mettre en place une plus juste rémunération du travail agricole, une régulation des marchés et soutenir l’agriculture familiale.





