Communiqué de presse – vendredi 05 septembre 2025
Mercredi 3 septembre, la Commission européenne a officiellement validé l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, ouvrant la voie à sa ratification. Après avoir feint de s’y opposer, Emmanuel Macron s’est aligné sur la position de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Pour le gouvernement Français, ce texte va « dans le bon sens, celui que nous défendons ».
Cette décision résulte des ambiguïtés d’E. Macron qui a soutenu les négociations pour ce traité en 2019. En 2023, le ministre macroniste du Commerce extérieur, Olivier Becht, confirmait : « il faut évidemment conclure cet accord ».
Le 26 novembre, 2024, à l’occasion d’un débat suivi d’un vote à l’Assemblée nationale, le gouvernement avait déclaré : « nous n’accepterons pas l’accord tant que l’Union n’aura pas progressé sur le terrain des mesures miroirs ». J’avais alors alerté sur l’entourloupe de cette position qui laissait la porte ouverte à une ratification du traité sous réserve d’aménagements.
Nous y sommes. Les illusoires « clauses de sauvegarde agricole » ajoutées dans l’accord n’empêcheront pas la déstabilisation des agricultures européennes. Ces clauses ne protègent rien : ni des aliments produits avec des pesticides interdits en Europe, ni du bœuf sud-américain élevés aux antibios.
Je suis engagé pour ma part pour un refus catégorique de cet accord qui prévoit l’importation de centaines de milliers de tonnes de viande détaxées et produites avec des normes sanitaires bien inférieures. Cela serait une concurrence déloyale insupportable pour nos éleveurs aveyronnais et nos productions de qualité. Au contraire, nous avons besoin d’un protectionnisme solidaire et de la régulation des marchés agricoles pour renforcer notre souveraineté alimentaire. C’est le chemin pour une agriculture permettant aux paysans de vivre dignement de leur travail, de bien nous nourrir tout en protégeant le vivant.
J’ai défendu à la tribune de l’Assemblée le jeudi 30 janvier 2025 une résolution européenne proposée par le groupe LFI-NFP visant à refuser la ratification de l’accord UE-Mercosur. Celle-ci a été adoptée par les députés, mais a été ignorée par le gouvernement.
Malgré la capitulation d’E. Macron, ce n’est pas terminé. La France doit s’opposer à ce passage en force de la Commission européenne. Il serait inadmissible qu’un gouvernement n’ayant pas obtenu la confiance de l’Assemblée nationale engage notre pays dans un accord de cette ampleur. Au niveau européen, le parlement devra se prononcer et je soutiens la démarche de Manon Aubry et du groupe The Left visant à déposer à ce sujet une motion de censure contre Ursula von der Leyen.
Laurent ALEXANDRE, député NFP de l’Ouest-Aveyron
