Ce 11 septembre, le bureau de la section bovins viande de la FDSEA Aveyron a rencontré tous les parlementaires de l’Aveyron pour échanger au sujet du Mercosur.
Ces agriculteurs aveyronnais sont fermement opposés au Traité UE-Mercosur qui sacrifie les éleveurs français. Cet accord prévoit notamment l’importation depuis l’Amérique du Sud de 99 000 tonnes de viande bovine ou encore de 180 000 tonnes de volailles. Cette concurrence déloyale aurait des effets catastrophiques pour notre souveraineté alimentaire et conduirait à un plan social dans l’agriculture française.
Ces éleveurs n’imaginent pas que la validation de cet accord par la commission européenne ait été prise sans l’aval de la France.
En effet, après avoir feint de s’y opposer, Emmanuel Macron s’est aligné sur la position de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Cette décision résulte des ambiguïtés d’E. Macron, qui a soutenu les négociations pour ce traité en 2019. En 2023, le ministre macroniste du Commerce extérieur, Olivier Becht, confirmait déjà : « il faut évidemment conclure cet accord ».
J’ai rappelé lors de cette rencontre la cohérence de mon opposition au Mercosur. Le 26 novembre 2024, j’avais alerté sur l’entourloupe de la position défendue par le gouvernement devant les députés, lequel ouvrait la porte à l’accord sous réserve « d’aménagements et notamment de clauses miroirs ».
Nous y sommes. Les illusoires « clauses de sauvegarde agricole » ajoutées dans l’accord n’empêcheront pas la déstabilisation des agricultures européennes. Ces clauses ne protègent de rien : ni des aliments produits avec des pesticides interdits en Europe, ni du bœuf sud-américain élevé aux antibios.
J’ai défendu à la tribune de l’Assemblée le jeudi 30 janvier 2025 une résolution européenne proposée par le groupe La France Insoumise à l’Assemblée Nationale visant à refuser la ratification de l’accord UE-Mercosur. Celle-ci a été adoptée par les députés, mais a été ignorée par le gouvernement.
Malgré la capitulation d’E. Macron, ce n’est pas terminé. La France doit s’opposer à ce passage en force de la Commission européenne. Au niveau européen, le parlement devra également se prononcer se prononcer et je soutiens la démarche de Manon Aubry et du groupe The Left visant à déposer à ce sujet une motion de censure contre Ursula von der Leyen.

